Alexandre Noll (1890-1970)

Alexandre Noll

Homme mystique et secret, artiste que la nature inspire, Alexandre Noll, choisit le bois, matière vivante au pouvoir magnétique, pour exprimer les tourments de sa pensée. À ses yeux, chaque essence possède une beauté naturelle qu’il faut savoir saisir. Les bois précieux, ébène, bois de violette, palissandre ou les bois rustiques, noyer, hêtre, orme et même les traverses de chemin de fer et autres poutres à demi calcinées, blessées recèlent un trésor qu’il révèlera.

Respectueux de la mémoire apparente du bois, courbes, accidents et veines lui seront formes inspirantes. Instinctif et sensuel, Noll s’approche peu à peu, tourne autour, exécute un véritable pas de deux avec le matériau avant d’accomplir son geste créatif. Puis, il façonne, épure, polit. Les objets présentés à l’Exposition internationale des arts décoratifs de 1925 seront suivis par des meubles dont la réalisation représente un véritable défi aux lois de l’ébénisterie. Troncs, billes, rondins envahissent l’atelier, l’artiste taille dans la masse… le meuble en surgit. Reconnu comme un grand créateur de mobilier d’artiste, il aborde la sculpture, dans les années 50. Formes et figures apparaissent annonciatrices des célèbres enroulements : « symboles douloureux de l’homme, prisonnier de sa propre matérialité et dont la pensée s’oppose à ce titanesque enlacement dont elle tend désespérément à se libérer » (R. Moutard-Uldry). En parfaite symbiose avec le bois, son matériau de prédilection, des objets aux meubles, des figures aux sculptures, le talent d’Alexandre Noll s’impose.

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